La Cie des phares et balises et France 2
présentent
LA FRANCE DES CAMPS
Un film
Ecrit par Denis Peschanski
Réalisé par Jorge Amat
Entre février 1939 et mai 1946, ce sont près de 600.000 personnes qui ont été internées par mesure administrative en France. Rappelons la singularité exceptionnelle de l’internement administratif : à la différence des procédures habituelles associant enquête policière et procédure judiciaire, il s’agit d’une mesure administrative qui vise des personnes non pas pour des crimes ou des délits qu’ils auraient commis, mais pour le danger potentiel qu’elles faisaient soi-disant courir à la société et à l’Etat.
En 1939, ce furent des Espagnols après la défaite de la République face à Franco, ou des Allemands et des Autrichiens enfermés au nom d’une guerre visant Hitler, celui qui était responsable… de leur exil. Ce furent aussi les communistes, après l’interdiction de leur parti, et durant toute la guerre. Après la débâcle il y eut les Juifs bien sûr pour lesquels, à partir de 1942, ces camps étaient l’antichambre de la mort. Il y eut aussi les Tsiganes, victimes de l’exclusion sociale par décision allemande. Mais on compta aussi des droits communs et des suspects de marché noir, des prostituées et des souteneurs, avant les collaborateurs à la Libération, des civils allemands et toujours les Tsiganes.
Mais l’histoire de ces camps est aussi l’histoire d’un oubli. Deux ou trois documentaires ont voulu en rendre compte. Manquaient alors la connaissance des archives, particulièrement riches, et des films qui y avaient été tournés. Il y a peu de sujets sur la période pour lesquels on dispose de sources aussi variées et aussi exploitables pour un film documentaire.
L’absence jusqu’à ce jour de musée-mémorial sur les camps français d’internement témoigne de cette occultation. Un « passé qui ne passe pas », pour reprendre les termes d’Henry Rousso et d’Eric Conan au sujet du régime de Vichy dans son ensemble. La finalisation de deux vastes projets, aux Milles, près d’Aix, et à Rivesaltes, près de Perpignan, sur le site de deux des principaux camps de zone sud, montrent qu’on est entré dans une nouvelle phase. Nous voici passés en quelque sorte de camps sans mémoire à une mémoire sans camps, tant, aujourd’hui, les traces de cet événement majeur de la France des années noires se sont comme estompées.
Carte établie pour l’ouvrage de D. Peschanski, La France des camps, Gallimard, 2002.
Note d’intention de réalisation
Le film sera construit comme une enquête (sur le principe de « la traque de l’Affiche rouge » et de « Maréchal, nous voilà ? »), où l’on partira à chaque fois d’un document (archive de la police, justice, administration), d’une photo ou même d’un nom pour aboutir à démonter le mécanisme de la création et du fonctionnement des camps en France. Il s’agira notamment de décrypter les logiques politiques à l’œuvre et de reconstituer la chaîne de commandement. L’historien Denis Peschanski utilisera les documents de l’époque comme éléments de preuves, de mise en lumière.
Là encore, nous souhaitons jouer sur l’emboîtement des temporalités :
· temps du document contemporain de l’événement (archives multiples, photos et films souvent inédits réalisés par les ONG suisses et américaines, mais aussi dessins et peintures réalisés par les internés)
· temps de la fiction contemporaine, avec la propagande
· temps du témoin, qui renvoie à la fois au temps de l’événement rapporté et à celui du récit recueilli
· temps du témoignage rapporté : certains témoignages inédits et spécifiques de gens décédés seront lus par l'historien ou deux acteurs (femme et homme) avec comme illustration visuelle des images d'époque où actuelles (traces des camps, neige, fils de fer barbelés, pieds marchant dans la boue, documents administratifs, lettres, dessins d'internés).
· temps de l’historien analysant, aujourd’hui, ces événements passés.
Enjeux
Faire enfin un film couvrant toute l’histoire de ces camps c’est à la fois rendre compte d’un moment majeur de l’histoire récente et accompagner le travail de mémoire de la France sur son passé.
Longtemps, dans cette mémoire, il n’y avait de place que pour l’occupant ; Vichy n’existait pas si ce n’est comme une simple antenne, un instrument aux mains des nazis. L’histoire que nous allons raconter complique doublement le schéma. Il révèle que le camp d’internement fut d’abord un outil de répression et de persécution privilégié par Vichy : sait-on qu’en décembre 1940 on comptait quelque 55.000 internés en zone sud et Afrique du Nord, pour environ 2500 en zone occupée ?
Mais la complexité tient aussi aux bornes chronologiques : la fin de la IIIe République et l’après Libération sont également concernées. Belle source de réflexion que cette continuité chronologique : il y a bien des ruptures dans les politiques suivies, et cela justifie le découpage chronologique que nous privilégierons ; mais la continuité des lieux, pour certains de l’internement par-delà la différence des régimes politiques, les habitudes prises dans la société doivent aussi conduire à nous interroger sur les risques de dérive idéologique en système démocratique.
Cela pose aussi d’autres questions toujours difficiles, rarement traitées, ô combien d’actualité. Il en est ainsi du rôle des œuvres d’entraide et d’assistance très présentes dans les camps de zone sud. Quel fut leur rôle exact ? Ont-elles participé au bon fonctionnement d’un système qui, pour les Juifs, eut comme point d’aboutissement les chambres à gaz de Birkenau ? Peut-on faire de l’humanitaire sans dire qui est l’oppresseur et qui est l’opprimé au risque, sinon, de cautionner l’oppresseur ?
C’est aussi une histoire qui interroge le présent. Il y eut déjà la guerre d’Algérie où le même type de loi fut promulgué. Mais qu’en est-il aujourd’hui de Guantanamo ou, en France, des centres de rétention administrative ? Quant à l’Humanitaire, on sait qu’il est traversé depuis des décennies par des interrogations sur son rôle. L’histoire est là, le plus souvent, pour marquer les différences. Elle aide aussi à montrer les rapprochements, si douloureux soient-ils, comme autant de signaux d’alerte.
Premières pistes pour un synopsis
1. Primat de la chronologie
Dans la mesure où quatre logiques politiques ont été successivement mises en œuvre, le découpage chronologique s’impose et permet une lecture plus aisée pour le téléspectateur. Rappelons ces moments qui scanderont le film :
- 1938-1940 : la 3e République confrontée à la montée des périls, ou le camp dans une logique d’exception. Au cœur de la période, deux moments et deux populations visées : en février 1939, les Espagnols et volontaires des Brigades internationales poussés par la défaite de la République à quitter l’Espagne devenue celle de France ; à l’automne 1939, des milliers de « ressortissants de puissances ennemies », à savoir des Allemands et des Autrichiens contrôlés de par leur nationalité, mais maintenus en camps alors même qu’ils avaient fui la répression et les persécutions du régime nazi.
- 1940-1942 : l’Etat français (Vichy), décidé à imposer son régime autoritaire, ou le camp dans une logique d’exclusion. Au cœur de la période : le camp comme instrument de la politique d’exclusion consubstantielle du régime visant les forces dites de « l’anti-France » considérées comme responsables de la défaite, à savoir le juif, le communiste, l’étranger ; mais également l’utilisation du camp en zone nord comme réservoir d’otages après le déclenchement de la lutte armée par le parti communiste à l’été 1941 (affaire de Châteaubriant, dont l’exécution du jeune Guy Môquet).
- 1942-1944 : l’occupant nazi imposant la mise en œuvre de la Solution finale, ou le camp dans une logique de déportation et d’extermination. Au cœur de la période : la déportation des 75.000 Juifs de France, la politique de cogestion acceptée par le régime de Vichy, l’attitude des œuvres d’entraide entre respect de la légalité et engagement clandestin, la solidarité et la Résistance de sauvetage. Avec un moment majeur : la déportation des enfants (témoignage d’Odette Daltroff-Baticle, assistante sociale, qui accueillit les enfants à Drancy depuis les camps du Loiret ; l’intensité est d’autant plus exceptionnelle que ce témoignage a été écrit quelques mois après les événements).
- 1944-1946 : le rétablissement de la légalité républicaine et démocratique dans une France sortie traumatisée de l’occupation, ou le camp dans une logique d’exception. Au cœur de la période : la place des camps dans la politique d’épuration ; la surmortalité dans les camps français de civils allemands (la population la plus touchée de toutes par la mortalité dans les camps français, toutes périodes confondues), la place importante des femmes dans l’« épuration de proximité », caractéristique de la Libération en France.
2. Les personnages et les lieux
Pour autant, certains de ces internés ont traversé les périodes et les logiques politiques, leur présence constante derrière les barbelés montrant certaines continuités. Il faudra donc, grâce aux témoignages d’hier et d’aujourd’hui, parler des internés, mais aussi des gardiens et de la population en général. Qui savait quoi ? Qui faisait quoi ? Ces questions taraudent la mémoire collective. Comment les internés s’organisèrent, ou pas, dans les camps d’internement (ex. : les rapports manuscrits envoyés des camps du sud vers Moscou et gardés dans les archives ; les dessins extraordinaires conversés par Elsbeth Kasser, volontaire de la Croix Rouge suisse ; les objets en bois réalisés à Pithiviers ou Beaune-la-Rolande etc.) ? Comment étaient perçus les Espagnols, les Juifs, les communistes, les Tsiganes internés par la population alentour (ex. : les rapports de préfets qui témoignent du rejet des Tsiganes au point que, s’ils s’évadaient, ils étaient ramenés au bout de fourches) ? Quelles étaient les motivations des gardiens et comment ont-ils réagi (trafic ou résistance, mais une dominante : « on fait son travail », avec de nombreux témoignages sur la vie quotidienne de ces gardiens, leur origine) ?
Les lieux – on l’a dit – ont gardé peu de traces de ces événements. Il y a le camp des Milles où l’on retrouve les fresques dessinées dans le réfectoire par les internés, comme Max Ernst. Il y a surtout le camp de Rivesaltes, le « Drancy de la zone sud », comme l’a dénommé Serge Klarsfeld, car il servit plusieurs semaines durant de camp interrégional pour la déportation des Juifs de zone sud, dont les baraques sont en partie détruites mais conservées car le camp reste pour l’essentiel et jusqu’à ce jour propriété des militaires ; on ne retrouve pas ailleurs le sentiment de ce qu’a pu être l’internement dans un espace de plus de 300 ha, et de ce qu’est le travail de destruction de la mémoire. Le lieu sera à l’évidence privilégié pour plusieurs scènes du film, sans compter qu’on dispose du journal tenu au jour le jour par l’assistante sociale du Secours suisse présente au camp. Plus généralement, il y eut donc des camps construits pour cela, ou des lieux d’enfermement détournés pour l’internement (comme des prisons désaffectées ou des citadelles), ou des lieux destinés à l’origine à des fonctions bien différentes : les HBM de Drancy, devenu camp avant de reprendre le statut prévu pour accueillir du logement social, ou à la tuilerie des Milles, détournée pour faire un camp et qui, là encore, redeviendra usine jusqu’à nos jours.
Sources écrites et témoignages
Les sources écrites sont d’une exceptionnelle richesse. Elles ont été repérées, explorées et exploitées en partie pour la rédaction d’un ouvrage qu’a écrit l’un des auteurs du documentaire proposé (Denis Peschanski, La France des camps. L’internement administratif en France 1938-1946, Paris, Gallimard, 2002). Depuis des fonds nouveaux ont été mis à jour. Prenons quelques exemples :
- Archives cinématographiques : film tourné par le sous-directeur du camp de Meslay du Maine pendant la drôle de guerre (ressortissants allemands et autrichiens) ; film tourné par une assistante sociale au camp de Douadic ; nombreux films tournés par les œuvres d’assistance (Quakers, Croix rouge suisse etc.) ;
- Film de la visite effectuée par des journalistes américains au début de 1941 ; films de la Retirada (passage de la frontière pyrénéenne par les Républicains espagnols en février 1939, puis installation sur les plages du Roussillon) etc.
- Archives photographiques : une richesse exceptionnelle. Citons les nombreuses photos prises par l’Inspection générale des camps ou celles prises par un inspecteur de la police nationale qui fut déporté comme Résistant. On vient, autre exemple, de retrouver 40 photographies inédites du camp de Drancy (musée d’Auschwitz).
- Archives écrites : présentes aussi bien dans les Archives nationales que dans les Archives départementales avec les rapports des chefs de camp, des médecins, du service de la censure (avec les lettres saisies) ; citons aussi les rapports secrets adressés à l’Internationale communiste, à Moscou, par les responsables des Brigades internationales ; fonds extraordinaires des œuvres d’assistance etc.
- Autres supports : dans les fonds des œuvres ou d’anciens internés, on découvre des dessins ou des peintures. Parmi les internés, on compte parmi les plus grands noms de l’émigration allemande et autrichienne comme Max Ernst, Lion Feuchtwanger, Alfred Kastler. Ils ont laissé des correspondances de l’époque et des oeuvres nées de cette expérience. Sans oublier ces fresques qui ornent toujours l’ancienne tuilerie des Milles, près d’Aix-en-Provence.
Et il reste des témoins qui, on le sait, font toujours passer une émotion unique. A 65 ans de distance, bien sûr, les témoins se font beaucoup moins nombreux. Nous redonnerons vie à certains, malheureusement décédés, dont des textes, très forts, rendent compte de l’internement et des déportations. Mais le travail de mémoire fait par les associations, les musées-mémoriaux, les historiens nous offrent de nombreux contacts parmi les survivants. Nous souhaitons d’abord rendre compte de la diversité des victimes : nous avons des contacts avec des Espagnols, des volontaires des Brigades internationales, des Juifs, des communistes, des Tsiganes. Mais aussi avec deux assistantes sociales, des gardiens. Il y a aussi ceux qui habitaient à proximité. Au total, comme dans notre précédent documentaire, nous serons plutôt confrontés à la trop grande richesse (en quantité et en qualité) des témoignages recueillis. Encore faut-il ajouter les entretiens avec Bernard Kouchner ou Rony Brauman qui ont bien des choses à dire sur les œuvres d’assistance et le « syndrome de la Croix Rouge internationale » qui savait mais n’avait pas voulu dire au nom du respect de la neutralité, au cœur de leur mission, et de leur attachement à la stricte légalité de l’Etat concerné, quel qu’il soit.
Les auteurs
Denis Peschanski
Spécialiste de l’histoire du communisme et de la France de Vichy et des "années noires", il est directeur de recherche au CNRS, à l'Institut d'histoire du temps présent, puis au Centre d'histoire sociale du XXe siècle. De février 2006 à septembre 2008, il a été directeur scientifique adjoint du département des sciences humaines et sociales du CNRS.
Principaux ouvrages
Le sang de l'étranger : les immigrés de la MOI dans la Résistance, avec Stéphane Courtois et A. Rayski, Paris, Fayard, 1989
Histoire politique et sciences sociales, avec Michel Pollak et Henry Rousso (dir.), Bruxelles, Complexe, 1991
La France de Vichy : archives inédites d'Angelo Tasca, Annali de la Fondation Feltrinelli, avec David Bidussa (dir.), Milan, Feltrinelli, 1996
Vichy 1940-1944 : contrôle et exclusion, Bruxelles, Complexe, 1997
Polices et pouvoirs au XXe siècle : Europe, États-Unis, Japon, avec Jean-Marc Berlière (dir.), Bruxelles, Complexe, 1997
La Résistance et les Français : nouvelles approches, Cahier de l'IHTP, n° 37, décembre 1997
Les élites locales dans la tourmente : du Front populaire aux années 1950, avec Gilles Le Béguec (dir.), CNRS-Éditions, 2000
La police française entre bouleversements et permanences, 1930-1960, avec Jean-Marc Berlière (dir.), Paris, La Documentation française/IHESI, 2000
La France des camps : l'internement, 1938-1946, Gallimard, 2002
Des étrangers dans la Résistance, Paris, l’Atelier, 2002
Documentaires
* Maréchal, nous voilà ? La propagande de Vichy, co-auteur avec Jorge Amat, 2008, 63 mn.
* La traque de l’Affiche rouge, co-auteur avec Jorge Amat, 2006, 70 mn
* Les voyages du Maréchal, co-auteur avec Christian Delage et Henry Rousso, 1990, 26 mn
* conseiller historique du film de Pierre Beuchot « Hôtel du Parc », 1991
* conseiller historique du film de Christophe Nick « Résistances », 2007-2008.
JORGE AMAT
Réalisateur
Licence de cinéma et Arts Plastiques à Paris VIII
Élève de Jean Douchet, Jacques Rivette, Roger Dadoun, Jean Painlevé et Gilles Deleuze
I - Réalisations
Télévision
2008- « Halte à la Mafia », 58 mn, ARTE
2008- « Maréchal, nous voilà ? », 63 mn, France 2
2007-« La traque de l’affiche rouge », 72 min, France 2
2004- « Témoins de la libération de Paris » 52 min- TV5- Planete
2004- « 20 ans en août 1944- 90 min -doc sur la Libération de Paris vécue par Madeleine Riffaud. France 2
2003- « La voix de Jean Moulin » (90 min) France 2 doc sur la résistance et la mort de Jean Moulin
"Le trésor de Yamashita" (52 min) (Doc. sur le butin de guerre japonais aux Philippines) (France 3, Discovery Channel, Solera Films)
-"L'Espoir pour mémoire" (3 X 55 min)( Chronique des Brigades Internationales en Espagne: 1936-39) (MW Prod, Fance3, Planète Câble, Eurimages)
- "Ciao Bella Ciao" (61 min et 80 min) L'exil des gauchistes italiens en France. (Paris-Barcelone Films, Planete, La Videothèque de Paris) distrib : cinéma Accatone 2003
-"L'Oeil du Consul" 52 min. La guerre des Boxers et la Chine en 1900 (Tanguera Films; FR3; RMN)
- Treize films de I3 à 52 min: sur l'Opéra de Paris, sur des grands peintres ( Picasso, Picabia, Max Ernst, Dado, Clavé, Amado...) sur le Louvre, Beaubourg, Orsay... etc. pour FR3, Arte, Canal Plus...
Longs métrages:
2006 - « A la recherche de Kafka » 75 min- fiction dramatique- (Albert Delpy, Tom Novembre, Juliette Andréa)
2005 -« Dado Tagueur » : 70 min : doc : Pendant 4 ans l’artiste Dado peint les fantômes des lépreux dans une chapelle près de Gisors ( France)2005
2003 -Voyage en Oxyplatine « 65 » min :Journal de bord de 2 ans de maladie…[Sélectionné au Festival de St Sébastien (Esp) 2003]
"Les Paradoxes de Bunuel" 80 min ( CNC, Canal Plus) , sur Bunuel, Silberman, avec M. Piccoli, Carrière J.C. -Festival de Venise, de Tokyo et de St Sebastian.1997.
"Clin d'oeil" : Fiction dramatique [Sélection festival de St. Sébastian], distribué à Paris en 1984.
2. Livres
« Les incontournables de l’Opéra » ed : Filipacchi
« Obsessions nocturnes » Livre de photos avec Jacques Henric ; ed Edite











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